Le projet Madaorchidée
I : Introduction.
Dans un première approche avec Franck Radnais et le projet Orchidée 2005 (1), nous avons défini l’urgence à mettre en place des actions de sauvegarde des plantes épiphytes intertropicales.
Un des genres le plus représentatif des ces épiphytes étant les orchidées, notre projet a été bâti autour des orchidées intertropicales.
Partout sur la planète, la déforestation avance à grand pas et les plantes épiphytes, inféodées à la forêt primaire sont en danger immédiat de disparition totale.
Parmi les forêt et les espèces les plus menacées il faut faire des choix , Madagascar a retenu mon attention.
D’une part pour des raisons d’ordre personnelles, la découverte de la grande île rouge Madagascar a été pour moi le début d’une grande histoire d’amour.
D’autre part pour des raisons plus scientifiques, le taux d’endémisme des espèces malgaches est de plus de 80 % et est l’un des plus important au monde, la pression exercée par l’homme sur la forêt tropicale primaire malgache ne fait que s’aggraver et celle ci pourrait bien disparaître définitivement dans les 25 prochaines années.
Collecter les orchidées dans les zones forestières les plus menacées et les intégrer à un espace protégé est donc devenu une priorité.
Ce projet pourrait être intitulé,
Le projet Madaorchidée.
II : La déforestation à Madasgascar.
II a : L’état des lieux.
II a a : L’endémisme malgache
"L'endémisme désigne l'appartenance d'une espèce végétale ou animale, à une région plus ou moins étendue, avec une répartition géographique limitée à un lieu donné. Aussi, une espèce est qualifiée d'espèce endémique lorsqu'elle se développe dans une région géographique spécifique. "
" L'endémisme peut provenir de deux facteurs : (Wilkpédia ; (1))
A Madagascar
Le taux d’endémisme est de 80 %,
Dans le monde on compte 8 espèces de Baobab (Adansonia), 6 sont malgaches un seul vit en Afrique et un autre en Australie
8000 plantes sur les 10 000 recensées sont endémiques,
On recense à ce jour 977 orchidées à Madagascar, presque toutes endémiques et uniques au monde.
Madagascar est déjà classé par l’UNESCO parmi les priorité mondiales en matière de conservation de la biodiversité et de préservation de l’environnement.
A tel point que l’île entière devrait être intégrée au patrimoine mondial de l’humanité.
Il n’est pas de notre propos de redéfinir tout ce qui a déjà été dit et écrit sur le rôle et le lien majeur entre Madagascar et endémisme, tant végétal qu’animal.
Il est bien plus facile de mobiliser l’opinion mondial par le jeu des émotions lorsqu’il s’agit de mettre en place des moyens de protection efficaces pour des animaux comme les Lémuriens, si attachant et si proche de nous que pour des plantes.
On trouve ici un écosystème unique au monde pour le quel l’idée de l’existence d’une molécule encore inconnue pouvant soigner des maladies graves comme les cancers, le SIDA et bien d’autres encore est forte.
Comment imaginer que l’on puisse détruire et perdre ce potentiel avant même de l’avoir découvert.
Mais comment même imaginer sans cette idée généreuse de voir disparaître à jamais un capital génétique biologique quel qu’il soit qui a demandé à la nature 500 millions d’années d’évolution et tout cela en moins de 50 ans qu’il soit animal ou végétal ? ? ?
Les plantes font partie intégrale du patrimoine génétique de notre planète et nous ne pouvons plus ne rien faire, ce n’est plus le problème de nos enfant et des générations suivante, c’est notre problème.
L’orchidée et sans doute la plante la plus évoluée de la biosphère végétale, elle se situe un peu comme l’homme au sommet de la pyramide de l‘évolution
L’homme a de tous temps vénéré cette plante, il n’est pas possible de la laisser disparaître sans réagir, tout comme les arbres de la forêt sans lesquels aucune vie ne serait possible sur cette terre :
II a b : Rappel géographique et climatique
Pour ce chapitre, se rapporter aux annexes
La carte de Madagascar A pour la géographie, la carte B pour la climatologie et C pour la pluviométrie
La connaissance du relief et de la climatologie explique pour une partie le fort taux d’endémicité de l’île.
Madagascar est une île de 1200 km sur 500, d’une superficie de 587 542 km² équivalente à la France et le Bénélux réunis, elle est située dans l’océan Indien de part et d’autre du Tropique du Capricorne s’étendant de la latitude 12° sud à 25° sud.
Elle est baignée par l’océan Indien par sa côte est et est séparée de l’Afrique à l’ouest par la canal du Mozambique.
L’île est traversée dans le sens nord-sud par une chaîne de montage élevée de plus de 2500 m, Monts de Tsaratanana au nord (montagne d‘Ambre), de l’Ankarana au centre et de l’Andringitra au centre-sud, Le point culminant de l’île est le mont Maromokotra dans le massif du Tsaratanana à 2 876 mètres d’altitude.
On pense que l’île était totalement couverte d’une forêt de type tropicale avant l’apparition de l’homme.
Ce dernier s’y serait installé il y a environ 1500 ans et la forêt n’a cessé de reculer devant la pression anthropique depuis cette date.
Actuellement, la forêt occupe 20 % de la surface du pays soit environ 13 millions d’hectares.
L’île est soumise à un climat de type tropical à deux saisons, une chaude et humide de novembre à mai et une sèche et plus froide de juin à octobre cependant la disposition géographique va donner naissance à des régions très marquées par leurs différences climatologiques.
II a b a : L’Est.
A l’est, une région côtière soumise à un climat océanique tropical, très humide et chaud la pluviométrie peut atteindre et dépasser les 4000 mm d’eau par an du côté de la presqu’île de Masoala ou de l’île de Nosy Boraha (Sainte Marie), les deux saisons sont peu marquées, les habitant de la ville de Toamasina parlent de la saison des pluies et de la saison ou il pleut !
Cette région est très favorable au développement d’une forêt de type tropicale humide dense riche en orchidées épiphytes.
II a b b : L ‘Ouest.
A l’ouest, une région côtière plus sèche, séparée d’environ 400 km de l’Afrique par le canal du Mozambique, on y distingue deux saisons très marquées, une tempérée et sèche pendant l’hiver austral et une saison chaude et humide en été.
Ces régions sont favorables au développement d’une forêt tropicale sèche de type décidue et plus claire, favorable aux orchidées épiphytes et terrestres.
II a b c : Le Centre.
Entre les deux, une région de montagne et de plateaux au climat plus tempéré, l’hiver austral peut y être froid (le thermomètre peut descendre en dessous de 10 °C dans la région d’Antsirabe.), l’été y est chaud et humide.
- En montagne, à plus de 2000 m on trouve une zone favorable à l’apparition d’une forêt de type tropicale d’altitude dite forêt à mousse et à lichen, comme la Montagne de Marojejy (centre–est), la Montagne d’Ambre (nord) ou la Montagne de l’Andringitra (centre), la flore épiphyte y est diversifiée et riche en orchidées.
- Les hauts plateaux, 1200-1500 m à deux saisons, une chaude et humide et une froide et plus sèche.
II a b d : Le Nord.
La région extrème nord d’Antsiranana (Diégo Suarez) bloquée au sud par le massif de Tsaratanana et au nord par l’océan Indien définit un zone climatique à part entière , été plutôt chaud et sec, hiver chaud et humide.
II a b e : Le Sud Ouest.
La région Sud-Ouest dite du " Bush " est caractérisée par un climat sec et chaud, propice au développement de plantes succulentes et d’une forêt arbustive et épineuse xérophile que l’on ne trouve qu’à Madagascar, le taux d’endémisme y est très fort.
II a b f : Le Sambirano.
Couloir géographique de précipitation, elle se situe entre la région est et ouest au sud de la montagne de Tsaratanana et débouche sur la côte ouest à Nosy Be, cette zone climatique est chaude et humide.
II a c : La forêt malgache.
Ces différentes zones climatiques définissent des zones forestières bien spécifiques d’une très grande richesse végétale allié à un très fort taux d’endémisme.
II a c a : Répartition de la forêt actuelle.
Les régions forestières reconnues :
La forêt tropicale humide de l’Est
La forêt tropicale sèche de l’Ouest
La forêt tropicale du centre et des hautes terres.
La forêt d’altitude
La forêt du Sambirano
Le bush du Sud Ouest.
La forêt couvre 22.6% du sol malgache chiffres 2000, moins de 20% en 2006.
43% pour la forêt dense humide de l’Est, centre et du Sambirano
30% pour la forêt sèche décidue de l’Ouest
8% pour la forêt dense sèche décidue du Sud
11% pour la forêt xérophile du Sud
Répartition des statuts de la forêt chiffres 2000
|
Réserves naturelles intégrales |
8 |
328 822 ha |
4.6 |
|
Les Parc nationaux |
15 |
1 000 648 ha |
14.2 |
|
Réserves spéciales |
23 |
382 099 ha |
5.4 |
|
Forêts classées |
166 |
2 735 866 ha |
38.6 |
|
Réserves forestières |
89 |
1 494 939 ha |
21 |
|
Les périmètres de reboisement et de restauration |
151 |
1129372 ha |
15.9 |
|
Stations forestières |
2 |
17 144 ha |
0.3 |
|
Total sous statut |
7 088 990 ha |
100 |
|
|
Total forêts |
13 260 000 ha |
Soit 22.6% du sol |
|
|
Total Madagascar |
58 658 000 ha |
II b : La déforestation.
II b a : Le constat.
La déforestation est une réalité journalière à Madagascar (2), la réalité et l’avenir en quelques chiffres
Le taux de déforestation officiel est actuellement évalué à 150 à 200 000 ha par an, chiffre très en dessous de la réalité.
Sur une forêt de 13 millions de hectares les estimations les plus optimistes donne une survie de l’ordre 30 ans au grand maximum, et de 15 ans pour les plus pessimistes..
Internet est inondé de chiffres difficiles a interpréter mais tous vont dans le même sens.
Notre propos va donc tenter d’éclairer ces incertitudes et va définir le réel degré de déforestation annuel en regroupant et recoupant toutes les données les plus récentes sur l’état de la forêt malgache.
Les médias dénoncent régulièrement le drame de la forêt malgache.
*Dans l’Afrique nouvelle, un article de Daniel Chrétien (3), la forêt pourrait avoir disparue dans 15 ans (Institut de Recherche pour le Développement).
*Idem dans l’actualité.com, " monde ", 21/08/2007, toujours de Daniel Chrétien (4)
*La déforestation progresse de 1% par an entre 1990 et 2000 (5)
*Selon une estimation réalisée dans la forêt des Mikea, la déforestation s’accompagne de la disparition de 75% des espèces végétales originelles, parmi lesquelles des espèces de grande valeur économique, exploitées comme bois d'œuvre ou utilisées comme plantes médicinales. Un fait d'autant plus alarmant que les forêts malgaches abritent la quasi totalité des espèces endémiques de l'île.
*La forêt reculait de 80 m dans les années 1960-1970 dans la région du Sud Ouest Bara
Aujourd’hui, elle recule de 400 m par an et est passée de 12 à 7-8 % de la couverture du sol de 1970 à 2000 (doc IRD) (6)
*Une réalité vue du ciel, les photos de la NASA sont édifiantes et terrifiantes, chaque point rouge est un feu. (7) et (8)
* La déforestation en photo mise en ligne par Bruno Locatelli est édifiantes, sur ces photos prisent dans le monde, la moitié des images viennent de Madagascar et les prises de vue aériennes sont sans appel.(9)
*Encore des photos (10) de Rhett Butler
* Mes propres photos de 2003 à 2005 et ce que j’ai vraiment vu à Madagascar (20)
II b b : Les causes.( mes photos toujours 20)
II b b a Utilisation de la forêt.
(doc pdf 2)La principale utilisation du bois de la forêt est représenté par :
-Bois de chauffage et de construction
-Le Tavy
Tableau, 1
|
Utilisation |
Pourcentage de communes |
|
Bois d’exportation |
31 |
|
Bois de construction |
78 |
|
Charbon de bois, bois de chauffe |
68 |
|
Chasse |
41 |
|
Tavy |
39 |
|
Autres |
10 |
Source, recensement des communes, programme Ilo, Comel l University/FOFIFA/INSTAT , 2001 (doc pdf 2)
La déforestation est principalement due à la culture sur brûlis ou Tavy 350 000 ha et aux feus de brousse, évalués à 600 000 ha par an
Nous voila à pratiquement 1 million d’hectare à l’année plus le reste.
II b b b : La culture sur brûlis ou Tavy.
Le Tavy (Hatsaky dans les sud) ou culture sur brûlis, les feux de brousse font parti des fondements même de la culture malgache et sont un des moteurs principal de la déforestation depuis des centaines d’années.
La culture malgache ancestrale est toute entière tournée vers le culte des ancêtres et s’appuie sur l’élevage du zébus, même si elle a permis à tout un peuple d’exister et de vivre dans une parfaite cohésion sociale pendant des centaines d’années, elle valorise l’immobilisme socio-économique qui ne résistera malheureusement pas à l’actuelle pression démographique, 18 millions d’habitant en 2006, 40 en 2030.
Le tavy se pratique sur un cycle court de 2 ou 3 ans au plus,
La première année on coupe le sous bois qui une fois séchée est incendiée, détruisant alors la parcelle boisée, la terre est préparée et le riz semé.
La deuxième année, les mauvaise herbes repoussent mais peuvent être arrachée manuellement et le riz encore une fois planté.
La troisième année au mieux, la pousse des mauvaise herbes est encore repoussée et le riz planté mais ensuite, la charge de travail de désherbage étant trop importante, la parcelle est abandonnée et le cycle recommence sur la parcelle voisine et ainsi de suite tous les deux ou trois ans,
Une fois la parcelle abandonnée, les pluies tropicales de type cyclonique sur des terrains le plus souvent accidentés entraîne un lessivage définitif des sols transformant le peu de terre arable d’origine en latérite stérile qui laissera une savane sèche, la boozaka, moutonnement de collines à graminées trop dures que même les zébus ne veulent pas brouter ! Le désert se profile déjà !
Madagascar est couvert de ces plaies rouges que sont les Lavakas, après chaque pluies les sol s’érodent de plus en plus et la terre rouge est entraînées par les eaux de ruissellement vers la mer
Qui n’a survolé Madagascar pour la première fois en avion n’a pas été surpris par l’incroyable delta du fleuve Betsiboka qui se jette dans le canal du Mozambique à Mahajunga et le colore en rouge, c’est l’île qui part à la mer telle une hémorragie (cf mes photos).
Au mieux la parcelle sera colonisée par des plantes secondaires de type Ravenala, bambous, broussaille et bananier donnant naissance à une forêt plus pauvre dite secondaire ou les orchidées peuvent survire partiellement, la parcelle finira par être brûlée à nouveau et définitivement lessivée et stérilisée.
II b b c : Les feus de brousse.
Les feux de brousse participent activement à la destruction de la forêt, les causes en sont multiples et parfois surprenantes.
II b b c a : Le bétail 40%
La croyance veut que les feux de brousse favorisent la repousse de l’herbe évitent l’assèchement des pâturages, ils sont donc prédominant dans les régions ou prédomine le bétail.
Fianarantsoa, Mahajanga, Toliara.
Les voleurs de zébus, pour se protéger des habitants et inversement. 7%.
En brûlant la forêt les habitants voient arriver les Dahalos (voleurs) plus vite.
Mahajunga et Toliara
II b b c b : Les accident sur Tavy 22%.
Les provinces les plus touchées sont celles de l’Est,
Toamasina et Antsiranana
II b b c c : Les feux criminels 10%.
La mauvaise gouvernance de la forêt.
Permis d’exploitation sans aucun plan rationnel, trop court (3 à 5 ans) favorisant l’exploitation maximale dans le minimum de temps, coupe à raz.
61 % d’exploitation illégale du bois.
II b b d : Le charbon de bois le bois de chauffe
La Banque Mondiale estime (2003) que la forêt fournit la totalité du l’énergie domestique consommée à Madagascar en zone rurale et 70% de l’énergie totale.
II b b d a : Bois de chauffe.
86% des ménages collectent eux même le bois de chauffe nécessaire., seulement 7% achètent leur bois et 15% le vendent hors de leur commune.
L’activité de commerce est plus importante dans la province d’Antananarivo, 79% collectent, 10% achètent et 20% exportent
II b b d b : Charbon de bois.
(doc pdf 2)Pour le charbon de bois, 3% des ménages vivent de la fabrication de charbon de bois, 7% achètent et 20% des communes exportent le charbon de bois.
Celui-ci est plus facile à transporter que le bois de chauffe car moins lourd.
Le commerce du charbon est aussi plus élevée dans la province d’Antananarivo comme le bois de chauffe, 4% produisent, 10% achètent et 41% exportent.
Tableau 2
|
Bois de chauffe en % |
Collectent leur bois |
Achètent le charbon |
Exportent leur charbon |
|
Antananarivo |
79 |
10 |
2 |
|
Madagascar |
86 |
7 |
15 |
|
Charbon de bois en % |
Fabriquent leur charbon |
Achètent le charbon |
Exportent leur charbon |
|
Antananarivo |
4 |
10 |
41 |
|
Madagascar |
3 |
7 |
20 |
II b b e : L’exploitation illicite.
(doc pdf 3)Le manque de moyen de contrôle et de gestion favorise les prélèvements illégaux de bois
Les exploitants forestiers sont rarement des professionnels et se comportent comme des opérateur soucieux avant tout du profit à court terme et n’intègrent aucun souci de pérènisation de la forêt, souvent associé à la corruption.(cf mes photos)
Le reboisement est très insuffisant et ne couvre que 0.4% de la surface totale annuelle détruite connues ?
A consulter également en annexes les dossier PDF dossier déforestation 1,2,3, ayant servis à l’élaboration de ce texte
II b b f : Pression démographique.(11)
II b f a ; La démographie en 2006 et projection en 2025
Espérance de vie des hommes : 54,57 ans
Espérance de vie des femmes : 59,4 ans
Taux d'accroissement naturel : 3,03 %
Taux de natalité : 41,66 ‰
Taux de mortalité : 11,35 ‰
Taux de mortalité infantile : 76,83 ‰
Taux de fécondité : 5,7 enfants/femme
La population malgache connue en 2005 est de 18 040 341 millions d’habitants et la démographique galopante que l’on y connaît ne peut pour le moment nous pousser à l’optimisme.
Avec un taux de fécondité de 5.7 enfant par foyer et un taux annuel d’accroissement de 3.03 % , la population malgache devrait atteindre les 33 773 176 millions d’habitants en 2025
Sans changement fondamentaux, l’exploitation de la forêt évoluera de façon parallèle à la démographie.
La courbe de la démographie en annexes.
II b f b : démographie et déforestation.
(doc pdf 6)Plus de 80% de la consommation d’énergie à Madagascar provient du charbon de bois.
Le rendement de transformation bois charbon est de 10%
La demande a triplé en 30 ans.
En milieu rural le charbon et de 80 fois moins cher que le gaz.
La biomasse ; estimation de la quantité de bois disponible en forêt par hectare.
Connaissant la consommation moyenne des ménages ;
Consommation par ménage de 2 sacs de charbon par mois, soit 70 à 100 kg par mois selon les sources, nous prendrons une moyenne de 85 kg pour notre calcul.
Une famille consomme en moyenne 85 kg de charbon de bois par mois
Une famille c’est 2 adultes et 5.7 enfants, soit 7.7 personnes.
Un rapide calcul permet d’estimer la consommation totale en charbon de bois à Madagascar par an et il est facile de projeter la consommation de charbon de bois dans les 20 prochaines années et donc la déforestation s’y rapportant.
En pondérant le chiffre à 80% pour se rapprocher de la véritable consommation énergétique, on trouve la consommation annuelle en Equivalent biomasse de 2006 à 2025, les courbes ( en annexes) sur la consommation en biomasse cumulée sont édifiantes et permettent de situer la quantité de biomasse détruite pour chaque année.
En 2006
(18 586963/7.7 habitants) x 85 kg = 205180 t par mois, x 80% = 164144 t par mois
= 1 969728 t par an, en Equivalent biomasse, x 10 soit 19 697280 t /an
En 2025
(32 773 176/7.7 habitants) x 85 kg = 361781 t par mois, x 80% = 289425 t par mois
= 3 473105 t par an, en E.biomasse, x 10 soit 34 731052 t /an
Par recoupement avec les informations fournies par avec l’article sur le CO2 (stockage du CO² et Kyoto, a voir en annexe).
La biomasse correspondant à une t de charbon de bois, x 10 soit 10 t
En basse altitude la biomasse est en moyenne de 400 t / ha
En moyenne altitude, 250 t / ha
Pour simplifier
On gardera une moyenne de 350 t /ha
Ce calcul est valable pour les forêt de l’Est
Pour l’Ouest la forêt claire ne doit pas pouvoir dépasser 100 t et dans le sud, des épines et des broussailles, 50t, abaissant encore les moyennes
Sur la base de 350 t/ha, et les chiffres précédent.
En 2006 19 697280 t/an / 350 = 562 779 ha /an
En 2025 34 731052 t/an / 350 = 992 315 ha / an
Tableau 3, démographie et déforestation en hectares de 2006 à 2025.
|
année |
habitants |
Biomasse perdue en t/an |
hectares |
|
2006 |
18586963 |
19697280 |
562779 |
|
2007 |
19150147 |
20295582 |
579873 |
|
2008 |
19730396 |
20909092 |
597402 |
|
2009 |
19730396 |
21542638 |
615503 |
|
2010 |
20944171 |
22195380 |
634153 |
|
2011 |
21578779 |
22867899 |
653368 |
|
2012 |
22232616 |
23560796 |
673165 |
|
2013 |
22906264 |
24274688 |
693562 |
|
2014 |
23600323 |
25010211 |
714577 |
|
2015 |
24315412 |
25768020 |
736229 |
|
2016 |
25052168 |
26548790 |
758536 |
|
2017 |
25811248 |
27353217 |
781520 |
|
2018 |
26593328 |
28182019 |
805200 |
|
2019 |
27399105 |
29035934 |
829598 |
|
2020 |
28229297 |
29915721 |
854734 |
|
2021 |
29084644 |
31629472 |
903699 |
|
2022 |
29965908 |
31756077 |
907316 |
|
2023 |
30873875 |
32718286 |
934808 |
|
2024 |
31809353 |
33709651 |
963132 |
|
2025 |
32773176 |
34731052 |
992315 |
|
total |
531 701875 |
15 191471 |
Le cumul des surface donne une perte en hectare de l’ordre de 15 191471 en 2025, la surface totale de forêt restante à ce jour étant de 13 millions d’hectares, sachant que le charbon de bois et le bois de chauffe ne représente que 50 % de la déforestation il ne restera sans doute rien bien avant 2025 si rien ne change.
A consulter également en annexes les dossier PDF dossier déforestation 6, ayant servi à l’élaboration de ce texte
III : Que faire ?
III a ; des projets de lutte contre la déforestation sont en cours d’élaboration.
III a b ; Le point sur les actions déjà menées pour agir contre la déforestation galopante à Madagascar
La notion d’urgence en matière de protection de la nature ne date pas vraiment d’hier et à la vue de ce qui a déjà été fait on peut se poser une question essentielle,
Qu’a t’on déjà fait jusqu’à ce jour ?
Je me suis donc mis à faire le tour des projets en cours depuis 1972.
Deux dates semblent préfigurer une certaine prise de conscience de la situation de Madagascar avec la participation du pays à :
A la suite des ces deux événement déjà espacés de 20 ans, un certain nombre d’idées ont vue le jour
On y parle d’un programme environemental 1 et 2 P E 1 et P E 2 ?
35 ans plus tard, quel est le bilan de tout cela ?
On peut se poser des questions, non seulement rien n’a changé mais la situation c’est gravement dégradée et toujours pour les mêmes raisons de fond.
la pauvreté.
De 1972 à 2002, Madagascar s’enfonce dans un puit de pauvreté sans précédent sous la gestion de politiques corrompus et la mise en place d’un régime totalitaire, le pays devient l’un des pays les plus pauvre du monde.
III a c ; Depuis 2003 la démocratie reprend le pas et naissent des projets d’état plutôt optimistes.
(doc pdf 4 et 5)La suite des projets PE 1 PE 2 PE 3 (19), des idées mais quelle réalité ?
A voir également les document PDF en annexes, déforestation 4 et 5.
Ces études mettent en avant les solutions qui pourraient ralentir la déforestation.
Légiférer, éduquer, diminuer les permis d’exploitation de la forêt pour le Tavy, le bois d’abatage et le charbon de bois.
Je reste pourtant dubitatif sur la réelle efficacité de toutes ce bonne résolutions sans une volonté féroce de changer les mentalités en quelques années.
Par exemple le document déforestation 5 nous dit que les feux de brousse diminuent chaque années depuis 1999, passant de 1.282.189 d’hectares à 546.294 en 2003.
Lors de mon dernier voyage en novembre 2005, j’ai traversé la région du Tampoketsan sur la route d’Antananarivo à Mahajunga, tout y était brulé et détruit sur des dizaines et des dizaines de km, à perte de vue, je n’ai rien mesuré mais tout le plateau était noir y compris la réserve forestière d’Ankazobe et les nouvelles plantations y étaient carbonisées, la surface estimée devait être au moins de 80 km sur 40, soit 320 000 hectares, presque la totalité des chiffres de tout Madagascar pour 2003 ?
Mes photos sont jointes au dossier.(20)
III a d ; Des projet privés
Allant des grandes ONG, aux petites initiatives personnelles.
J’aimerai dire un mot du projet d’Isabelle Cridlig et de York Pareik qui m’a interpellé, Isabelle est lorraine comme moi.
Tout à leur frais, il ont acheté en 2002 quelques hectares de brousse dans la montagne de Français au nord de Madagascar pour y replanter des Baobabs, le nom du parc, " le parc des mille baobabs ", tout cela pour éviter à ces arbres mythiques de disparaître, génial non !
Un projet avec l’université Paris 13 et Jean Luc Malade , à suivre : (18)
Créer un espace de culture pérennes, mettant un terme aux feux, par la technique du morcellement de la parcelle.
Phase d’expérimentation à Belambo-Lokoho (Nord Est) et Didy (Centre Est) de 2005 à 2009.
Projet associé à l’ANGAP (parc de Marojejy-Andapa)
Le projet FOREAIN avec le CIRAD à l’échelle de l’Europe regroupant la France, L’Angleterre et la Norvège, soutenu par le Dr Jean-Marc Bouvet
CIRAD- Forestry department
Campus International de Baillarguet
34398 Montpellier cédex 5 – France : (21)
III a e ; L’exposition de la CITE de sciences de La Vilette de cet été a présenté les orchidées malgaches de la collection Lecoufle.
Elle nous a également présentés de nouvelles idées d’aide à la sauvegarde de la forêt et des plantes menacées
Filières à valeur ajoutée et jardins en carrés, des actions complémentaires.
La mission du CCVS de février 2007.
Le CCVS (Conservatoire des Collections Végétales Spécialisées), contrairement aux conservatoires nationaux français, n'a pas pour rôle d'évaluer et de conserver la flore sauvage française. Sa mission est de préserver le patrimoine génétique mondial, par la mise en culture d'un exemplaire de la plante menacée, sa multiplication, et la diffusion des plantes ainsi conservées, voilà pour la première fois un projet qui se rapproche de notre idée.
III b Et pour conclure avant de parler d’Orchidées.
Voilà bien des idées de protections de projets de sauvetage de la forêt et de toute sa biodiversité mais les faits constaté sont accablants et je ne vois pas d’autre solution en attendant des temps meilleurs que de mettre en place un plan de sauvetage d’urgence des orchidées malgaches, c’est donc là notre projet.
III c ; le Projet Madaorchidée
Le projet orchidée 2005 (12) annonce l’idée apparemment simple de favoriser la récolte des plantes située dans les zones à risque de destruction immédiate.
Les plantes ainsi récoltées seraient mise en culture dans des aires protégées et surveillées, constituant ainsi une banque génétique la plus large possible et évitant par la même l’extinction inéxorable des espèces.
Comment initier un projet équivalent à Madagascar.
Rien ne pourra se faire sans passer par une implication des malgaches eux mêmes.
III c a ; Trouver des correspondants locaux.
Pour être crédible et efficace, il faudra sensibiliser et impliquer toutes les personnes intéressées par les orchidées à Madgascar.
Les personnes déjà engagées officiellement dans le monde professionnel de l’orchidophilie malgache qui peuvent être les supports de base de notre action, comme.
Mme Michelle Andriamanamihaja de Malala orchidées.
M Olaf Pronk éleveur de reptile et cultivateur de pantes succulentes et d’orchidées.
Jean Claude Andrihamaro cultivateur d’orchidées.
M Alfred Razafindratsira cultivateur d’orchidées.
M Rakotondrafahatra Panoël du PSFH
Les responsables de jardin botanique comme celui de Tsimbazana à Antananarivo
Les amateurs pourraient aussi nous aider mais ils restent cependant pour le moment difficile à localiser à Madagascar à ce jour et il va être difficile de se passer de ces professionnels tant pour la connaissance des plantes que du terrain.
L’idée de créer une association malgache des orchidées avec toutes les bonnes volontés devrait se faire jour et serait un atout majeur dans la mise en place de mesures de protection des orchidées sur place
Cette association pourrait être associée avec d’autres associations de type ONG et situé en Zone Euro par exemple.
Créer une association française dont le nom pourrait être
Orchidée 2005
Ou travailler en partenariat avec des structures déjà en place comme la
SFO
III c c ; Un projet ;
Le projet Madaorchidée
Un arbre, une orchidée à Madagascar.
Le but du projet ;
Créer une zone protégée sur place ou serait placées les plantes en danger, récoltées dans les zones en danger de destruction immédiate.
Cette récolte permettrait également de faire le bilan des orchidées connues et non connues par région.
Le parc pourrait jouer le rôle de banque génétique et de zone de conservation de la biodiversité malgache, toutes sorte d’études scientifiques pourraient alors être menées dans le but d’identifier de nouvelles espèces.
Ou et comment.
Dans les parcs régionaux, une des meilleures solutions serait de s’associer avec l’ANGAP qui gère déjà tous les parcs et réserves forestières malgaches.
Nous pourrions définir ainsi une zone de culture protégée au milieu du parc avec les orchidées de la région réunies et cultivées sous des ombrières, ici pourraient intervenir les association d’orchidées, les professionnels en mettant à disposition leurs compétences techniques en la matière.
Nous pourrions favoriser les initiatives privées allant dans ce sens, il existe déjà des jardins privés de protection des plantes, le plus connu étant celui de Bérenty dans le Sud malgache, d’autres jardin existe tels celui du Bushhouse (24) sur la côte Est, le jardin des 1000 baobabs king de la piste (23) ou celui de xxx dans l’ouest (Tuléar) et d’autres encore à recenser
Nous pourrions créer des chemins botaniques touristiques dans la forêt ou seraient installées in vivo des orchidées et autres plantes épiphytes, ce circuit pourrait être payant avec guide local selon le model existant pour les animaux permettant ainsi une forme d’autofinancement.
La récolte des plantes en danger devra se faire selon une procédure scientifique définie dans le projet Orchidée 2005 ( 12).
Inviter les scientifiques à nous aider à l’identification et ouvrir tout actes de recherche sur place.
Multiplier les orchidées en collectant les capsules spontanées et faire des fécondations dirigées, encore une fois la formation des personnels sur place par les associations sera indispensable.
Expédier les graines vers des laboratoires spécialisés, récupérer les flacons de semis et réimplanter les nouvelles plantes dans les collections.
Répartir également les semis dans les collections mondiales pour sauvegarder plus largement les gènes.
Créer un laboratoire de culture un vitro performant à Madagascar, à Antananarivo, ou relancer financièrement des initiatives comme le PFSH qui possèdent déjà une expérience dans ce domaine.
Commercialiser les plus belles plantes issues de semis pour financer le projet et faire participer les commerçants et producteur locaux.
D’autres aires protégées pourraient être installées dans les jardin botaniques des grandes villes malgaches dans la mesure ou celles-ci sont intéressées, on peut penser au jardin botanique de Tsimbazana de la ville d’Antananarivo.
La sauvegarde de la forêt reste cependant une étape indispensable et toute action en faveur de cette dernière pourra être soutenue par le projet et les associations affiliées.
III c d ; Financement du projet.
En dehors de l’autofinancement dont j’ai déjà dit quelques mots.
Le financement de ce type d’opération ne pourra se faire qu’en impliquant les grandes sociétés consommatrices ou créatrice d’énergie par exemple ou impliquées dans l’environnement ou dans l’écotourisme, par exemple.
EDF GDF SUEZ VEOLIA, SECHILIENNE, ACCOR, BP, ELF, AREVA, BOING AIRBUS, ARCELOR MITAL etc. Cette liste est sans limite.
Toutes les manifestations organisées par les associations de protection de l’environnement en France en particulier de la forêt doivent pouvoir récupérer des fonds financiers par le biais de dons.
Il faudra aussi faire connaître le projet dans toute la France par les réseaux d’amateurs toujours très impliqués, associations comme la SFO la FFAO et d’autres encore et surtout les circuit Internet actuellement très actif dans le monde orchidophile national et international, le groupe de discussion ORCHIDEE54 (13), Orchidée_fr (15), Orchidée.fr (16), Orchidée fantome (17) et les groupes voisins peuvent toucher et mobiliser très rapidement beaucoup de monde en peu de temps.
En conclusion.
Si notre aide est fondamentale dans ce projet on ne pourra sauver ni la forêt ni les orchidées malgaches sans les malgaches.
IV : Bibliographie et Site à consulter ;
1 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/Faune_et_flore_de_Madagascar
2 ; http://membres.lycos.fr/deforestmada/
3 ; http://www.africatime.com/afrique/nouvelle.asp?no_nouvelle=321327
4 ; http://www.lactualite.com/monde/article.jsp?content=20061208_094721_4060
5 ; http://www.nlu.unibas.ch/Mitarbeiter/Ralf%20Peveling/rp-madagascar.htm
6 ;
http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/1998/fiche78.htm7 ; http://tattum.canalblog.com/archives/2006/11/12/3120571.html
8 ; http://earthobservatory.nasa.gov/Newsroom/NewImages/images.php3?img_id=15345
9 ; http://www.locatelli1.net/thema/defor1.php?lg=fr
10 ; http://www.mongabay.com/mad_deforestation.htm
11 ; http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mographie_de_Madagascar
12 ; http://orchidee54.site.voila.fr/page/CIV/projet_orchidee_2005.html
13 ; http://fr.groups.yahoo.com/group/ORCHIDEE54/
14 ; http://sciencefrontieres.free.fr/art/mada.htm
15 ; http://fr.groups.yahoo.com/group/orchidee_fr/
16 ; http://www.orchidees.fr/forums/
17 ; http://www.orchideefantome.com/forum/index.php
18 ; http://www-lipn.univ-paris13.fr/~nagih/missionmada/
19 ; http://www.un.org/esa/agenda21/natlinfo/countr/madagas/inst.htm
20 ; http://orchidee54.site.voila.fr/voyage_a_madagascar/deforestation/deforestation.htm
21 . http://www.parcs-madagascar.com/angap.htm
23 ; http://www.kingdelapiste.de/pages/fr_park.htm
24 ; http://www.bushhouse-madagascar.com/palmarium.html
A lire
Orchidées dans le parc de Ranomafana :
http://info.bio.sunysb.edu/rano.biodiv/Plants/Orchids/index.fr.htmlDroit coutumier et moderne, appliqués au parc de Ranomafana :
http://web.africa.ufl.edu/asq/v3/v3i2a3.htmBibliographie encore
Sigrid Aubert, Serge Razafiarison et Alain Bertrand (eds)
" Déforestation et systèmes agraires à Madagascar : les dynamiques des tavy sur la côte orientale "
Ed. CIRAD et FOFIFA
" Déforestation et systèmes agraires à Madagascar "
Barrett C.B. (1999) " Stochastic food prices and slash-and-burns agriculture " Environment and development econimics, Vol. 4, n° 2. Pp. 161-176.
Freudenberger K.(1999). Fligth to the forest a study of the community and house hold resource and management in the commune of Ikongo, Madagascar, LDI, mimeo.
Keck A., Sharma N.P. et Gerard Feder (1995). " Population growth, shifting cultivation, and unsustanaible agricultural development : A case study from Madagascar ". World Bank Discussion Paper, Africa Technical Department Series, N°. 234, World Bank, Washington DC.
McConnel W.J. (2002). " Emerald isle of paradise lost ? ". Environment, Vol 44, N° 8, pp 10-14.
Kull C.A (2002). "Madagascar aflame : Landscape burning as peasant protest, resistance or a ressource management tool ? ". Political Geography, Vol 21, pp 927-953.
Terretany (1997) " Un système agro-écologique dominé par le Tavy : La région de Beforona, falaise Est de Madagascar ". Cahier terre-Tany, N°.6.
World Bank (2003). Review of agricultural and environmental sector.
Zeller M., Lapenu C., Minten B., Randrianaivo D., Ralison E. et C., Randrianarisoa (1999). " Rural development in Madagascar : Quovadis ? Towards a better understanding of the critical triangle between economic growth, poverty allevation and environmental sustainability ". Quarterly Journal of International Agriculture, Vol. 2.